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Herbages suisses: à la source du lait

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Herbages suisses: à la source du lait

Plus des deux tiers des surfaces utilisées par l'agriculture en Suisse sont des herbages, qui se prêtent particulièrement bien à l'élevage de bétail laitier.

Le cycle écologique

  • L'équilibre de notre environnement repose sur de nombreux écosystèmes interdépendants. Les différents milieux sont en constante interaction. Ces processus se basent sur un cycle, dans lequel chaque être vivant joue un rôle essentiel. Pour les producteurs·trices de lait, il est important de préserver ce cycle écologique dans l'activité agricole. Or, ce n'est pas une tâche aisée, puisqu'il faut produire des aliments pour une population toujours plus nombreuse sur des parcelles qui, elles, ne sont pas étirables.

    Cet article présente les principaux éléments du cycle écologique et le rôle des vaches suisses dans ces interactions.

Un pays de roches et d'herbe

Avec ses vertes prairies et ses crêtes rocheuses, la Suisse est digne d'une carte postale. Or, ces magnifiques paysages qui semblent idylliques constituent un défi pour les grandes cultures. Du fait de la topographie et des conditions climatiques, seule une petite partie de la surface agricole suisse se prête aux cultures maraîchères, fruitières ou d'autres plantes.

Quelle est la part d'herbages en Suisse?

En Suisse, la "surface agricole utile" (SAU) couvre 1 044 034 hectares (données de 2020). Cependant, pour des raisons de topographie, de qualité du sol et de conditions climatiques, un tiers à peine permet de cultiver des denrées alimentaires de manière économiquement viable. Les deux tiers restants sont des prairies et des pâturages, sur lesquels pousse une grande quantité de fourrage. À ces SAU s'ajoutent les pâturages alpestres en montagne qui nourrissent également les vaches durant la période d'estivage. Le terme d'herbages regroupe en fin de compte toutes ces surfaces: si l'on additionne les prairies et pâturages des SAU et les pâturages alpestres, 81% des surfaces utilisées par l'agriculture sont couvertes d'herbages. Ce sont là des conditions favorables à une économie laitière prospère et adaptée aux conditions naturelles de notre pays.

Le territoire suisse, c'est:

  • 33% de surfaces non productives (dont les zones construites)

  • 31% de forêts et de bosquets

  • 25% de surfaces agricoles utiles (SAU), qui comprennent 7% de champs cultivés et 18% de prairies et pâturages.

  • 11% de pâturages alpestres

La Suisse est connue pour ses vertes prairies.

La Suisse est connue pour ses vertes prairies.

Une grande diversité de plantes

Ce qui distingue les surfaces herbagères de la Suisse, c'est qu'elles se composent d'herbe, de trèfles et d'autres plantes. Un précieux mélange! Les agriculteurs·trices européens, eux, disposent essentiellement d'herbe. Pour augmenter les rendements, ils répandent des quantités d'engrais azoté. Nos paysan·nes en utilisent nettement moins, car en Suisse, les nombreuses espèces de trèfles présentes sont capables de fixer l'azote de l'air dont elles ont besoin pour leur croissance.

Un grand puits de carbone

Mais les fonctions de nos herbages ne s'arrêtent pas là. L'un de leurs rôles principaux est le stockage du CO₂. Vous connaissez certainement la photosynthèse. Très schématiquement, lors de la photosynthèse, la plante absorbe du dioxyde de carbone (CO₂), les rayons du soleil et de l'eau. Ces éléments sont transformés en sucre, en oxygène et en carbone. La plante rejette ensuite l'oxygène dans l'atmosphère, permettant ainsi la vie sur terre. Le carbone, quant à lui, parvient dans le sol par les racines et y est fixé.

Le potentiel de fixation du CO2

Mais pourquoi est-il important que le sol "fixe" du carbone? Eh bien, plus les plantes sont capables de fixer le CO₂ et plus le sol fixe le carbone, moins il y a de CO₂ dans l'atmosphère. On parle de "potentiel de fixation".

Quel est le potentiel de fixation du CO₂ dans notre pays? Nous pouvons nous estimer heureux: 1/3 de la surface totale de la Suisse est recouverte de prairies riches en humus. Or, l'humus a la particularité de très bien fixer le carbone.

La question de la fixation du CO₂ est aussi liée à la problématique du méthane, un gaz à effet de serre que nos vaches produisent lors de la digestion. Saviez-vous qu'il fait partie du cycle du carbone et qu'il se transforme en CO₂ au bout de quelques années? C'est donc une bonne chose si nos plantes peuvent en absorber une grande quantité.

En savoir plus sur le méthane

Le saviez-vous? Le méthane se dégrade en CO₂ au bout de 10 ans.

Le saviez-vous? Le méthane se dégrade en CO₂ au bout de 10 ans.

Le potentiel de fixation du CO2 par les herbages

Bien sûr, toutes les plantes font de la photosynthèse. Mais les prairies permanentes et les pâturages alpestres, c'est-à-dire les surfaces qui sont peu travaillées, jouent un rôle important dans la fixation du carbone: elles contiennent environ 50% des réserves de carbone présentes dans le sol suisse.

  • Aujourd'hui, les herbages suisses stockent au total au moins 350 millions de tonnes d'équivalents CO₂ (capacité de fixation de 183-293 t CO₂/ha). Une quantité considérable, puisqu'elle correspond aux émissions annuelles de plus de 6,5 millions de personnes.
  • Le carbone est également stocké dans d'autres sols de notre territoire, comme la forêt (293 t CO₂/ha) et les terres arables (183 t CO₂/ha).
  • En comptant les terres arables et les herbages suisses, un peu plus de 400 millions de tonnes d'équivalents CO₂ (CO₂e) sont stockées dans les sols.

Bon à savoir: que sont les équivalents CO₂?

L'équivalent CO₂ est l'unité de mesure permettant d'uniformiser l'impact climatique de tous les gaz à effet de serre. Comme les gaz à effet de serre tels que le CO₂, le méthane ou le protoxyde d'azote n'ont pas le même effet sur le réchauffement climatique, on les convertit en équivalent CO₂, ce qui permet de les comparer.

Nos herbages: un grand réservoir d'équivalents CO₂

Nos herbages: un grand réservoir d'équivalents CO₂

Herbages et potentiel de fixation du CO₂

  • 50% des réserves de carbone se trouvent dans le sol des prairies permanentes et des pâturages alpestres.

  • Pas moins de 400 millions de tonnes d'équivalents CO2 sont stockés au niveau de nos terres arables et de nos herbages.

  • Grâce à la photosynthèse, les plantes rejettent de l'oxygène dans l'atmosphère.

  • Lorsque l'agriculture favorise la production d'humus, elle maintient, voire augmente le potentiel de fixation du CO2 des surfaces exploitées.

Herbages et rotation des cultures

L'agriculture suisse repose sur le principe de la rotation des cultures. Dans notre pays, 98% des producteurs·trices de lait sont soumis aux directives des prestations écologiques requises (PER). Cela signifie qu'ils gèrent leurs cultures en appliquant un système de rotation bien précis. Pour le bien du sol et de ses éléments nutritifs, il faut lui accorder un temps de repos entre les cultures intensives telles que les pommes de terre ou les légumes. Les prairies temporaires permettent au sol de se reposer et l'herbe qui y pousse est le fourrage idéal pour nos vaches laitières. Ainsi, grâce à la rotation des cultures, la production laitière n'entre que peu en concurrence avec les cultures destinées directement à l'alimentation humaine.

En savoir plus sur les prestations écologiques requises

Le rôle des prairies temporaires

Les prairies temporaires sont des herbages utilisés de manière plus intensive. Elles sont soit fauchées, soit pâturées par des vaches laitières. Elles font partie de la rotation des cultures et sont retournées au bout d'un certain temps (1 à 3 ans) afin qu'une autre culture puisse être semée.

Les prairies temporaires sont donc semblables aux prairies naturelles et aux pâturages d'estivage, sauf que ces derniers restent en permanence des surfaces herbagères.

Les prairies temporaires font partie de la rotation.

Les prairies temporaires font partie de la rotation.

Les avantages des prairies temporaires

Dans la rotation des cultures, les prairies temporaires ont de multiples avantages. En voici quelques-uns:

  • Les prairies et pâturages nécessitent moins de travaux agricoles et accordent au sol un repos bien mérité.
  • Les surfaces herbagères assurent une couverture du sol sur une longue période. Les ressources en eau et en éléments nutritifs dans le sol sont ainsi optimisées.
  • Les herbages favorisent la formation d'humus.
  • De plus, l'herbe est donnée aux vaches laitières, qui la transforment en produits de grande qualité tels que le lait et la viande.

Une chose est sûre: les surfaces herbagères améliorent la fertilité du sol dans la rotation des cultures, surtout dans les rotations avec des cultures intensives comme les grandes cultures et les cultures maraîchères.

Nos vaches laitières valorisent les herbages

Des quantités énormes de fourrage riche en nutriments poussent dans les prairies, les pâturages et les alpages. Contrairement à d'autres plantes utiles, cette ressource n'est pas comestible pour l'être humain. Aussi avons-nous besoin des animaux pour accéder aux nutriments des herbages qui couvrent la Suisse.

Heureusement, nous pouvons compter sur nos vaches. Les herbages suisses constituent pour elles l'alimentation de base idéale. Digérer toute cette herbe n'est pas une mince affaire. Alors que nous en serions parfaitement incapables, les bovins font des merveilles grâce à leurs quatre estomacs.

Nos vaches

En savoir plus sur la digestion de la vache

Un travail bien prémâché!

La vache utilise les nutriments des herbages digérés pour produire du lait dans les alvéoles du pis. La matière grasse, le lactose, les protéines, les vitamines et les minéraux contenus dans le lait sont de précieux nutriments ainsi mis à notre disposition. Une vache suisse produit en moyenne 20 à 25 litres de lait par jour: chaque litre est le fruit d'un long processus de digestion grâce auquel les herbages suisses sont valorisés. On peut ainsi tirer 38 kilos de beurre ou 500 kilos de fromage Appenzeller d'un demi-hectare de prairies. Les vaches sont donc les championnes pour valoriser la matière première suisse.

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Transformer l'herbe: l'œuvre des vaches

  1. Ses caractéristiques naturelles font que notre pays, pour plusieurs raisons, est parfaitement adapté à la production laitière. Le lait et les produits laitiers ont donc évidemment une place centrale dans l'alimentation de la population suisse. Agroscope a démontré dans une étude qu'en raison des précipitations abondantes et des vastes surfaces herbagères de la Suisse, la production laitière est un secteur parfaitement adapté à notre territoire.