Communiqués de presse19.03.2020

La crème suisse est recherchée: donner un signal par les prix

Les estimations actuelles concernant le marché laitier suisse tablent sur des besoins supplémentaires de 2000 à 3000 t de beurre, qui ne peuvent pour l'instant pas être couverts par la production indigène. Dans cette situation, il est essentiel pour la fédération des Producteurs Suisses de Lait (PSL) que les prix évoluent de manière à créer des incitations suffisantes à la production indigène. En outre, le principe du Swissness, mis en place avec tant d'énergie et d'argent, ne doit pas perdre de sa valeur pour les consommatrices et consommateurs.

Durant les premières semaines de l'année en cours, le marché laitier suisse présentait déjà un approvisionnement assez faible en matière grasse lactique. Depuis, la situation n'a pas changé, mais s'est encore nettement aggravée. Il sera donc inévitable de devoir considérer des importations de beurre cette année. À cet égard PSL a des attentes très claires:

  • Le Swissness ne doit pas perdre de sa valeur.
  • Il est nécessaire de créer les bonnes incitations à partir des prix.

Suisse sur l'emballage, suisse à l'intérieur

Les dernières grosses importations de beurre ont eu lieu en 2007. À cette époque, la législation Swissness n'existait pas encore. Depuis, toutes les marques de beurre communes de l'économie laitière et de l'agriculture suisses ont été adaptées au Swissness (Suisse Garantie, Floralp, Le Beurre), notamment grâce à l'argent des producteurs. Il ne s'agit pas maintenant de remettre en jeu ces acquis en raison d'une situation de courte durée. Autrement dit, le beurre importé doit être déclaré comme tel, clairement et sans équivoque. C'est une question de crédibilité face aux consommatrices et consommateurs.

Pas d'importation de matière grasse lactique sans signal donné aux producteurs

En Suisse, la production laitière continue à diminuer. Actuellement, les stocks de beurre sont inférieurs de près de 2000 tonnes par rapport à l'an dernier. Les premières estimations tablent sur un manque de 2000 à 3000 tonnes en fin d'année 2020. En outre, personne ne sait exactement comment la production laitière va évoluer ces prochains mois. Le cheptel bovin est à vrai dire faible. Il est donc évident que le lait doit être dirigé vers les meilleurs canaux. Pour cela, il faut maintenant que les bons signaux soient donnés en matière de prix:

  • Plus de lait doit être écoulé dans la production de beurre indigène, au lieu d'être exporté dans des produits transformés au prix UE (net) bas.
  • Les prix de la crème, du beurre et de la poudre de lait entier utilisés dans les produits transformés destinés à l'exportation doivent être augmentés. Lors du passage au système de droit privé début 2019, on a déjà constaté des prestations insuffisantes.
  • Dans la situation actuelle, une hausse du prix de la matière grasse serait aussi très adaptée au marché suisse.

Pour les producteurs de lait, il est impensable d'importer de la matière grasse lactique sans en même temps donner un signal au niveau des prix. PSL a fait part de cette exigence aux fabricants de beurre il a déjà deux mois.

Renseignements

Reto Burkhardt
responsable de la communication de PSL
079 285 51 01
reto.burkhardt@swissmilk.ch

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